ConsultVox fête ses 5 ans ! Quel futur pour la décennie 2020 ?

17 septembre 2020
11 minutes environ

Dans un précédent article (consultable ici), nous soutenions la conviction selon laquelle la décennie 2020 fera la part belle à davantage de participatif et de consultation publique chez les collectivités territoriales, que ce soit en présentiel et/ou à travers des outils numériques. Pour y revenir brièvement, cette conviction se nourrit de plusieurs constats :

  • la hausse des demandes d’information et de démonstration de nos outils ;
  • une promesse formulée par près d’un tiers des candidats aux élections municipales de 2020 pour « davantage de participatif », qui devrait donc se transformer en actes ;
  • l’épidémie de Covid-19, toutes considérations sanitaires et dramatiques mises à part, qui a accéléré la tendance à la digitalisation des collectivités territoriales (ex : visioconférence), tout en limitant temporairement les possibilités de rencontres physiques ;
  • l’augmentation observée du nombre de budgets participatifs en France ces dernières années, qui devrait se poursuivre.

Si ce pronostic se vérifiera ou non avec le temps, nous souhaitions profiter de cet article pour tenter une prospective sur les grandes tendances de la décennie à venir en matière de démocratie participative et de numérique. Cette prospective n’engage bien sûr que nous et repose sur l’ensemble de nos échanges et analyses avec des acteurs du marché (nos clients, nos partenaires, notre investisseur Publilégal, quelques prestataires concurrents, les réseaux d’acteurs et de chercheurs…).

 

Sommaire :


Les grandes collectivités territoriales, des pionnières ?

Les grandes collectivités territoriales mènent déjà pour la plupart des démarches numériques de consultation publique, de budgets participatifs et/ou de participation du citoyen en général. Du reste et si certaines ne les réalisent pas encore, cela devrait être le cas à court terme (disons d’ici 2022-2023 au plus tard). D’une part, il s’agit d’une attente sociétale certaine nécessitant d’être entendue et de nombreuses collectivités se montrent volontaires et innovantes dans ces démarches. D’autre part, l’effet « mimétisme » étant important chez les collectivités territoriales, pour des raisons tant pratiques (réussite des démarches) que politiques (proposer ce que son voisin réalise), les édiles restant à convaincre seront presque « forcés » de s’y mettre. La multiplication des budgets participatifs en France en est un parfait exemple.

Si ces grandes collectivités territoriales s’équipent et se font accompagner dans un premier temps par différents prestataires, nous estimons très probable qu’elles développent ensuite par elles-mêmes leurs propres outils numériques, plateformes ou applications, pour coller exactement à leurs besoins, charte graphique, mais également développer des synergies avec les autres services et jeux de données de la collectivité. En effet, c’est un biais certain des différentes plateformes et applications existantes de proposer une architecture qui, même si elle s’avère assez riche de potentialités, peut être limitante pour certains usages (nous nous incluons bien sûr dans ce constat).

Les grandes collectivités territoriales possèdent les équipes techniques et/ou le budget pour y pallier et ainsi être 100% indépendantes sur leurs fonctionnements.

 

Les petites et moyennes collectivités territoriales, un développement pas à pas

 

Les petites et moyennes collectivités ne sont pas en reste dans ces démarches et certaines s’y sont mises assez tôt, avec plus ou moins de succès selon les outils numériques utilisés. Mais – de manière générale et précurseurs mis à part – nombre d’entre elles regardent actuellement ce qui se propose, réfléchissent et imaginent comment ces outils pourraient rentrer dans leur fonctionnement. Ces collectivités passeront à l’acte dès lors qu’elles se sentiront prêtes et structurées (notamment en ressources humaines), et également à mesure que leurs proches voisins s’y mettront (toujours cet effet « mimétisme »).

Les usages seront certainement davantage ponctuels, « par projet » plutôt que quotidiens, les services Communication souvent en charge de ces outils numériques étant déjà chargés. La notion de coût des outils deviendra à court terme de plus en plus important pour les petites et moyennes collectivités, mais nous y reviendrons plus bas.

 

Les agents publics, entre acculturation et formation

Lors de nos rencontres clientèles entre 2015 et 2017, les agents publics rencontrés étaient très peu à l’aise avec les outils numériques en général, et ceux s’adressant au public en particulier, réseaux sociaux en tête de gondole. Nombre de petites (et parfois moyennes) collectivités n’avaient d’ailleurs pas de réseaux sociaux dédiés. Force est de constater qu’un grand nombre d’entre elles sont aujourd’hui présentes sur les Facebook-Twitter-Instagram & co, quoiqu’on pense des GAFAM et autres enjeux liés à la souveraineté de nos données.

De la même manière, de nombreux agents rencontrés « craignaient » véritablement les outils numériques de participation du public, dont les contributions sont visibles par tous. C’est certainement moins le cas aujourd’hui, et cela le sera d’autant moins dans un futur proche. En effet, les agents s’occupant de ces outils sont d’une part de mieux en mieux formés à l’utilisation des outils numériques de manière générale. Mais également et d’autre part, il y a eu des créations notables de masters universitaires dédiés aux questions de concertation, de consultation et de participation citoyenne entre 2015 et 2020. Un temps sur les bancs de la fac, de plus en plus d’ex-étudiants sont aujourd’hui en poste dans les collectivités territoriales et font profiter leurs collègues de leur expertise et de leurs compétences spécifiques en ce domaine.

Enfin, les créations actuelles de postes de « chargé.e de projets participatifs » ou de « référent.e à la participation citoyenne » en collectivités témoignent de l’importance donnée à ces questions, importance qui sera grandissante selon nous dans la décennie à venir.

 

Les agences de concertation et de communication publique, une collaboration vertueuse

 

Dès 2015, nous avons cherché à collaborer avec des agences spécialisées en concertation et/ou en communication publique, menant essentiellement des actions de terrain et des prestations de conseil. Si certaines étaient frileuses à nos débuts et craignaient parfois que le numérique remplace un jour les démarches en présentiel, nous estimons que le doute est aujourd’hui levé. Loin de se remplacer, numérique et présentiel se complètent par la diversité des publics que l’un et l’autre touche. Envisagés conjointement, ils favorisent le fait que chacun ait l’opportunité de s’exprimer, dans un cadre propice aux échanges de qualité.

Finalement et fort logiquement, ces agences se sont donc appropriées ces nouveaux outils numériques de consultation publique au même rythme que leurs clients, les collectivités territoriales de toute taille. La tendance pour la décennie 2020 devrait donc être à l’accélération de cette appropriation, pour l’ensemble des raisons préalablement citées.

 

Resserrement et rapprochement dans le marché de la civic tech

Il existe en France, en matière d’outils numériques de consultation publique et de participation citoyenne, quatre à cinq noms « reconnus » de prestataires dont nous estimons humblement faire partie (il en existe autant dans chaque pays autour du globe). Sans lancer de débats sur telle ou telle fonctionnalité, prestation de service, spécificité ou référence, nous pensons que tous devraient connaître un développement certain à court terme, l’essentiel des petites et moyennes collectivités restant à équiper et à accompagner.

Néanmoins et à plus long terme, nous devrions observer une compétition et une tension autour des coûts des technologies proposées par ces derniers. En effet, les budgets des collectivités sont fortement contraints et la tendance ne se dirige pas à l’amélioration. D’autre part, ce marché de la consultation publique et de la participation citoyenne est un marché de niche, restant somme toute lent et à taille restreinte. À qualité technologique équivalente, les prestataires devraient donc se livrer bataille et réduire par conséquent leurs coûts pour gagner des marchés.

Cette tension est en fait conjoncturellement déjà palpable avec le manque d’activité lié à la crise sanitaire du Covid-19 et la nécessité de convaincre rapidement de nouveaux clients, ce qui tire les coûts vers le bas. Mais elle devrait bel et bien et de toute façon s’accentuer et perdurer, se traduisant par une nette diminution des coûts de licence des technologies concernées. Combinée à des prestations intellectuelles de services, d’accompagnement et d’analyses des résultats qui devraient rester les mêmes bien qu’optionnelles – et parfois prises en charge en interne par les collectivités -, l’ensemble ne devrait pas dépasser le premier seuil de marché public, et même figurer bien en-deçà dans la plupart des cas.

 

Un outil « star » : le budget participatif

Si les opérations de consultation publique (que ce soit de manière numérique ou en présentiel) continueront à se développer dans les prochaines années en tant que réelle attente sociétale, c’est bien l’outil de budget participatif qui devrait être la « star » de la décennie. En effet, nous ne lui voyons que des avantages, tant pour les élus que pour les citoyens concernés :

  • Du côté des élus et des collectivités, et même si l’exercice est particulièrement prenant pour les agents publics, le budget participatif représente un outil politiquement « peu risqué » par la maitrise de son règlement et donc de l’éligibilité des projets. Qui plus est, et sur un plan éthique, il paraît très justifiable qu’une partie du budget des collectivités puisse être fléchée par les habitants eux-mêmes.
  • Pour les citoyens, il s’agit de l’outil le plus concret en matière d’impact réel sur leur qualité de vie, la plupart des projets lauréats se réalisant dans l’année suivant l’édition du budget participatif en question. De réelles émulations sont créées autour des porteurs de projets qui impliquent leurs proches et leurs voisins dans leurs propositions et leurs réalisations, permettant qu’un grand nombre de personnes soient au moins informées de la démarche.

 

CTA_article vote du budget participatif

 

Pour ces raisons, les budgets participatifs devraient donc se multiplier en France, quelle que soit la taille de la collectivité concernée, en présentiel et/ou de manière numérique. Un dispositif complet et inclusif devrait permettre les deux. Terminons toutefois par mentionner que la maitrise de l’identification des votants devrait être systématique, tant les premiers budgets participatifs étaient permissifs sur ces questions (avec des résultats surprenants à force de partage et de lobbying des porteurs de projets sur les réseaux sociaux).

 

Pour conclure : quelle stratégie et quels objectifs pour ConsultVox ?

 

En lente émergence de 2015 à 2020, nous considérons que ce marché de niche de la consultation publique et de la participation citoyenne rentrera en maturité au début de la décennie 2020. Ce sera du côté des petites et moyennes collectivités que résidera tout l’enjeu de la décennie à venir pour les prestataires de la civic tech : ce sont celles qui restent à équiper et qui devraient utiliser durablement – mais ponctuellement (« par projet ») – les solutions techniques proposées.

Pour des raisons de contraintes budgétaires et de présence d’acteurs de qualité sur un marché restreint, le coût des licences technologiques des outils devrait progressivement diminuer, tandis que les prestations d’accompagnement resteront foncièrement – mais à l’option – les mêmes. La ou les acteurs qui seront pérennes seront donc ceux qui maitriseront le mieux leur balance recettes/dépenses, tout en sachant que les recettes par client tendront inévitablement à diminuer au fil du temps.

Ces hypothèses semblent certes aller « dans notre sens » ou conforter un point de vue, mais ceux qui nous connaissent savent qu’elles sont surtout le fruit de réflexions entamées de longue date et qui semblent se confirmer aujourd’hui. C’est d’ailleurs sur la stratégie suivante que nous nous sommes rejoints avec le groupe Publilégal dès 2018 : proposer les outils les plus complets et les plus simples d’utilisation possible, avec une qualité de service importante, tout en garantissant des prix raisonnables pour les petites et moyennes collectivités. Quand on regarde la plupart de nos opérations (une soixantaine) entre 2015 et 2020, ces dernières sont réalisées auprès de collectivités de 10 à 20 000 habitants en moyenne, ce qui n’est pas un hasard.

Ce positionnement sera-t-il ou non gagnant ? Réponse à la fin de la décennie ! Nous sommes sincèrement confiants au vu des échanges que nous avons régulièrement. Mais tout comme pour notre développement qui fut assez long, cela se vérifiera avec un peu de temps…

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