ConsultVox fête ses 5 ans ! Retour sur le chemin parcouru

7 septembre 2020
9 minutes environ

ConsultVox a cinq ans ! L’occasion, une fois ces bougies soufflées, de regarder derrière nous et d’analyser notre évolution et notre place sur ce secteur de la consultation publique et de la participation citoyenne. Car les réflexions et les apprentissages ont été nombreux depuis la création de l’entreprise en 2015 jusqu’à notre intégration – que nous annonçons officiellement aujourd’hui – au groupe Publilégal.

 

Le parcours de ConsultVox, c’est bien sûr nos parcours en tant que cofondateurs (Cédric, Thomas et moi-même, Rémi), mais c’est aussi et surtout le parcours d’une idée. Une idée assez simple au départ dans cette volonté de rapprocher les collectivités territoriales de leurs citoyens. Lorsque nous sommes sortis de l’incubateur Cré’Innov (Villeneuve d’Ascq, Nord) pour créer notre société en 2015, notre « pitch » était alors de « créer les outils numériques permettant aux collectivités de consulter leurs habitants sur différents sujets locaux ». Si cette idée reste assez fidèle à notre activité aujourd’hui, sa mise en application et son développement technique et commercial furent beaucoup plus long que ce que nous prévoyons à l’époque. Résumer ces cinq années d’activités étant un exercice complexe, nous souhaitons vous présenter cette évolution et nos différents apprentissages dans une série d’articles dont celui-ci est le premier.

 

Loin de se passer comme initialement prévu dans nos business-plans de lancement, le développement de ConsultVox a été assez, voir très lent. Mais cette lenteur est du reste assumée, réfléchie avec notre investisseur le groupe Publilégal, et se justifie largement par le degré de maturation du marché de la consultation publique et de la participation citoyenne sur ces années. Dans cet article, nous parlerons de ces différentes phases de développement que nous avons connu chez ConsultVox tout en les mettant en parallèle avec les contextes du marché sur lequel nous nous positionnons.

 

Sommaire :


2015 – 2017 : une lente émergence 

Créée en 2015, ConsultVox a fait partie de la vague de création de « technologies civiques » ou « civic tech » en France. Pour différentes raisons (sentiment de frustration dû à la montée du FN/RN aux élections régionales de 2015, élections présidentielles à venir de 2017, promotion et incitation à l’entrepreneuriat, recherche de sens et d’utilité sociétale également…), de très nombreuses jeunes pousses se sont effectivement montées entre les années 2014 et 2017. Proposant différentes solutions technologiques (plateformes web, applications mobile, intégrations dans des sites web existants…), elles souhaitent, selon les cas, permettre aux habitants de dialoguer avec les élus, signaler des dysfonctionnements, diffuser des actualités locales, interpeller les sénateurs/les députés ou bien encore consulter les citoyens à petite ou grande échelle.

 

Si certaines missions étaient très louables, il y avait à cette époque un peu de tout et de n’importe quoi, en toute objectivité, et des initiatives naissaient et mourraient en six mois de temps. Je me souviens notamment d’une infographie en 2016 (introuvable aujourd’hui, mais il en existe d’autres plus actuelles) référençant une centaine de noms d’acteurs et de logos identifiés comme « civic tech » en France.

 

Beaucoup trop ! Et il s’agissait d’un paradoxe assez remarquable de constater le grand nombre de services numériques à disposition alors que bien peu de clients étaient encore « prêts » à les utiliser à ce moment. Car il s’agit-là d’un constat que nous avions heureusement vite réalisé. Entre 2015 et 2017, le marché n’était tout simplement pas « prêt ». Nous constations que nombre des collectivités territoriales rencontrées exprimaient beaucoup de méfiance, crainte et défiance face à ces solutions numériques où les citoyens pouvaient s’exprimer.

 

À ce sujet, et pour anecdote, je me souviens avoir vu l’effroi dans les yeux d’un DGS lorsqu’il réalisa au cours de ma présentation que les contributions des utilisateurs étaient bien visibles de tous. Il en était réellement stupéfait. J’appelle ça personnellement « l’effet réseaux sociaux », beaucoup plus défouloirs que lieux de débats constructifs, et dont je comprends parfaitement qu’ils effraient les élus locaux. Mais c’est du reste un autre paradoxe au vu de la très faible modération que nous avons dû effectuer pour notre soixantaine de clients durant ces cinq années (ce constat étant partagé, nous le savons, par d’autres prestataires). Cette méfiance et cette crainte, parfois encore palpables, tendent à s’amenuiser aujourd’hui et au fur et à mesure des expérimentations réussies partout sur le territoire.

 

Quoi qu’il en soit, nous ne nous sommes pas précipités les trois premières années de notre existence. Quand d’autres annonçaient « hacker la démocratie » à grands coups de levées de fonds et de communication sur un marché en lente émergence, nous nous sommes concentrés sur la partie technique de notre activité. A savoir : développer les outils les plus simples d’utilisation et les plus accessibles financièrement pour nos prospects, répondant à une pluralité de besoins qu’ils soient ponctuels ou durables.

 

Sur ce dernier point, le rôle de nos partenaires – les agences de concertation avec lesquelles nous avons collaboré à partir de 2016 – a été fondamental tant ces échanges réguliers avec des praticiens de terrain nous ont été bénéfiques dans notre approche de la démocratie participative sur le plan méthodologique, et sur le plan du développement technique de nos outils. Notre approche en ce sens est aujourd’hui fondamentalement différente de celle de 2015 et la recherche de complémentarité entre le numérique et le présentiel est, par exemple, systématique. Un grand merci à eux !

 

2018 – 2019 : les prémisses d’une accélération

L’année 2018 marque une étape en France. Le marché de la consultation publique et de la participation citoyenne connaît effectivement un « frémissement » – à défaut d’une ébullition -, et selon nous pour deux raisons essentielles :

  • le « Grand Débat National » d’une part, quoi qu’on pense de la démarche ou de la manière dont elle a été menée, qui constitue un évènement remarquable et remarqué de consultation des citoyens ;
  • la montée des budgets participatifs d’autre part, démarche visible et engageante à la fois pour les citoyens et pour les agents publics impliqués. Sur ce sujet, nous ne nous faisons pas d’illusions sur les raisons électoralistes de la multiplication des budgets participatifs à l’approche des échéances municipales, départementales ou régionales. Nous dirons que c’est « le jeu politique ». Mais il est surtout à reconnaître que le budget participatif est un outil très impliquant et très bénéfique pour les citoyens sur le plan local, qui permet des réalisations concrètes dans des délais raisonnables.

 

C’est également en 2018 que nous nous sommes rapprochés pour la première fois avec le groupe Publilégal, acteur historique créé en 1846, spécialisé en logistique de la consultation publique (nous y reviendrons plus amplement dans un prochain article). Avec ce rapprochement et nos lectures communes de l’évolution future du marché, notre stratégie était d’être prêts techniquement et logistiquement après les élections municipales de 2020, et de monter progressivement en notoriété et en qualité de services entre-temps. Ainsi, si nous nous sommes contentés de « rester dans notre coin » et d’avancer en sous-marin dans un premier temps, 2018 et 2019 marquent nos premiers recrutements, une augmentation de nos cas clients et le lancement de notre communication. Nous étions, ainsi, volontairement très peu visibles avant 2018, et nous avons commencé à nous impliquer dans les évènements et réseautages spécifiques de notre secteur qu’à partir de là.

 

Découvrez nos outils de participation citoyenne

 

Bien que particulière puisque située une année avant les élections municipales (ce qui se traduit par un ralentissement du lancement de nouveaux projets), l’année 2019 confirme selon nous ce frémissement vers plus de participatif sur le plan local. Outre l’augmentation du nombre de budgets participatifs (137 menés par des communes en 2019), c’est surtout le nombre de demandes reçues qui a été remarquable, à la fois de candidats aux élections pour « co-construire leur programme avec leurs électeurs », mais aussi d’agents publics se renseignant pour « l’après-municipales ».

 

La décennie 2020 : la confirmation de l’accélération ?

ConsultVox_orientation 2020

La formulation de ce questionnement est rhétorique. Après une année 2020 presque « à l’arrêt » combinant inertie structurelle due aux élections municipales et inertie conjoncturelle due à la pandémie de Covid-19, nous sommes convaincus que la décennie qui va suivre marquera une nette augmentation de l’utilisation des solutions numériques par les collectivités territoriales. Cette conviction est mûrement réfléchie, nourrie à la fois par les demandes que nous recevons, les collaborations de plus en plus régulières avec des concertants de terrain (dont beaucoup partageaient, pendant un temps, la même défiance que les collectivités), mais également et plus étonnamment par cette pandémie.

 

En effet, si elle nous a un temps bloqué par l’impossibilité de lancer de nouveaux projets avec le décalage des élections et donc des prises de décision qu’elle a entraîné, nous pensons qu’elle va être un facteur d’accélération de l’utilisation de solutions numériques à très court terme. D’une part, le présentiel se trouvant temporairement « bridé » pour des raisons sanitaires, les outils numériques représentent une bonne alternative dans l’attente de les envisager conjointement. D’autre part, les collectivités et leurs agents ont dû très rapidement s’adapter (et plutôt très bien), à l’utilisation de nouveaux outils numériques (visioconférence notamment) pour garantir et continuer leurs services. Cette tendance à la numérisation devrait selon nous se poursuivre.

 

Par ailleurs, et comme l’a très bien montré l’agence Palabreo dans son étude « Impression de campagne : la participation citoyenne au cœur des projets des candidats aux élections municipales », de nombreuses listes se sont engagées à « renouveler ou développer leurs instances participatives permanentes » (près de deux tiers des 255 programmes étudiés), souhaitent « renforcer l’implication des citoyens dans la décision » (30%), « mettre en place un budget participatif » (33%), ou encore « recourir à des outils numériques » pour ce faire (25%). Au tournant des élections et à l’heure où les projets municipaux se mettent concrètement en place, nous verrons si ces promesses se transformeront en actes, mais toutes vont objectivement vers plus de consultations publiques et de participation citoyenne au quotidien.

 

Bien sûr, chaque collectivité ne va pas s’équiper du jour au lendemain en matière de numérique, mais tous les échos et signaux faibles que nous recevons laissent penser que la tendance est prometteuse pour cette décennie 2020. Nous faisons d’ailleurs quelques paris sur l’avenir dans le deuxième article de cette série éditoriale.

 

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